Pourquoi est-ce si difficile de s’aimer soi-même ?

 

amour de soi

 

C’est une bonne question. Mon amie Angélique nous dit dans son article que s’aimer soi-même est la clé qui mène à la liberté de l’esprit. Je suis d’accord avec cette idée. Mais pourtant nous ne sommes pas toujours prêts à le faire. En quoi n’arrivons-nous pas à valider que c’est approprié de s’aimer ?

Le regard de l’autre

 

Déjà, notre culture judéo-chrétienne nous met de gros bâtons dans les roues. Nous naissons avec la culpabilité. Culpabilité de quoi ? Nous ne le savons pas toujours. C’est ancré en nous. Si on demande à quelqu’un s’il se sent coupable de quelque chose, il vous répondra très certainement que oui… même s’il ne sait pas pourquoi. Résultat ? Chacune de nos actions est commencée avec l’attente de l’approbation d’un tiers. Même la personne la plus sûre d’elle-même entreprend en espérant obtenir de la reconnaissance. Nous vivons avec le regard des autres. Et c’est ce regard des autres qui (à nos yeux) valide si ce que nous faisons ou devons faire est juste ou non ! Mais qu’en savent-ils plus que nous ? Les autres étant logés à la même enseigne que nous, eux aussi sont soumis au dictat du regard des autres. Cela ne vous fait pas tiquer ? Autant dire qu’ils n’en savent souvent pas plus que nous sur ce qu’il convient de faire ou non !

Nous leur remettons donc indirectement notre pouvoir de décision sur nos actes. Et par conséquent, nous remettons nos rêves, nos projets, nos actions entre les mains de gens qui se posent les mêmes questions que nous, se battent pour les mêmes choses… l’amour notamment.

 

sagesse, guide

 

Alors oui, il y a des gens qui sont plus avancés que nous sur le chemin, qui ont expérimenté la vie dans plusieurs de ses facettes et qui en ont retiré des leçons. Leçons qui leur permettent de savoir où ils doivent aller voire de nous guider parfois. Ce qu’il y a cependant c’est qu’hormis certaines règles de bon sens et de respect à adopter quoi qu’il en soi, chaque humain sur terre est unique et a « son propre chemin » à suivre, à vivre et donc que l’expérience d’un autre ne peut être qu’une possibilité de réflexion. Même lorsque deux personnes vivent une même situation, cette même situation n’est pas vécue de la même manière, les ressentis ne sont pas les mêmes, la leçon retenue ne sera pas la même. Nous pouvons donc écouter les autres, prendre en compte leurs conseils mais surtout toujours écouter ce que nous dicte notre cœur, notre intuition car elle seule sait où nous devons aller.

A partir de là, le regard de l’autre ne devrait pas autant peser dans la balance de nos décisions car l’autre a devant ses yeux un filtre qui lui est propre, une idée bien spécifique sur comment on doit vivre sa vie, sur comment devraient être les choses, etc. Tout ceci est déterminé par notre propre expérience de vie, des croyances bien souvent mises en place dans l’enfance de par notre éducation familiale et scolaire, des situations agréables ou non à l’adolescence, les idées de nos parents qui se sont parfois ancrées en nous comme des vérités immuables… Autrement dit : nous regardons la vie à travers un filtre (le nôtre) entouré de filtres (ceux de notre entourage) auxquels il est lui-même soumis.

Quelle est donc la part de réalité dans tout cela ?

Quelle est donc la part dans l’avis des autres que nous devrions prendre en compte pour savoir ce que nous devons faire ?

Mais surtout en quoi le jugement de l’autre est-il si important pour déterminer notre valeur ? A partir de là, en quoi l’autre peut-il autant nous influencer dans l’estime de nous-même ? Qu’en sait-il puisque lui-même remet entre les mains d’un autre le pouvoir de juger ce qu’il vaut, qui il est ?

Notre personnalité = un masque

 

La triste réalité est que l’autre n’en sait rien. Mais nous sommes tellement habitués à nos masques, ceux-là mêmes que nous avons construits dans notre plus tendre enfance pour nous sentir acceptés et aimés par les autres que nous croyons le savoir.

amour de soi, personnalité, masque

Mais posez-vous la question honnêtement ! Qui êtes-vous ? Que valez-vous ? Comment cela peut-il être déterminé ? Par ce que vous faites ou avez fait dans votre vie ? Selon moi non ! Ceci n’est qu’un état des lieux de ce dont nous sommes capables dans l’instant grâce à ce que nous avons appris ou étudié par le passé. En général, nous faisons les choses pour être acceptés et aimés des autres. Et en plus, ne rien faire est mal vu… C’est à mon avis prendre les choses à l’envers. Nous devrions être acceptés et aimés des autres avant de faire telle ou telle chose. Uniquement pour nous. Et cela implique avant cela que nous nous aimions et nous acceptions nous-même. Mais c’est justement là qu’est le problème, nous ne nous aimons pas et ne nous acceptons pas vraiment tel que nous sommes, mis à nu, avec nos qualités et nos défauts.

Par ce que nous avons dans notre vie ? Là non plus ce n’est pas la bonne réponse selon moi. Les biens matériels vont et viennent et ne comblent absolument pas notre besoin fondamental de reconnaissance et d’amour.

Par ce que nous sommes au fond de nous ? Oui voilà, c’est là qu’il faut creuser. Qui êtes-vous vraiment ? Qui étiez-vous lorsque vous étiez petit enfant ? Que faisiez-vous ? Quels étaient vos jeux ? Vos aspirations ?

Je me souviens et cela m’a été aussi raconté par mes parents que lorsque j’étais enfant j’étais profondément joyeuse, sûre de moi. Je chantais et riais tout le temps. J’étais profondément heureuse. Jusqu’à ce que je sois confrontée à la vie, aux « autres ». Pourtant je me suis souvent retrouvée seule car je n’arrivais pas à me forcer à être quelqu’un d’autre. L’adolescence a été une période difficile pour moi car je n’arrivais pas à ne pas être « moi ». Voir les autres adolescents se mouler au conformisme de cette période était un effort insurmontable. Fumer pour être cool, faire des conneries pour être reconnu, jouer au rebelle… vouloir être populaire… Tout cela a été impossible pour moi. Et pourtant je sais que c’est un passage obligé pour devenir adulte… Mais ce que je ne comprends que maintenant c’est que ne pas vouloir prendre un masque pour faire comme les autres m’en a fait prendre un quand même malgré moi. J’étais comme tout le monde en quête d’être aimée des autres mais en même temps je me mettais dans des situations où je n’étais pas aimée pour ne pas trahir ma véritable nature. Cela a donc eu pour effet de me faire perdre ma joie de vivre originelle et avec elle mon estime de moi ! Le constat est là, moi aussi je m’étais créé mon masque. Je n’ai pas pris un masque pour être quelqu’un d’autre mais j’ai pris un masque de quelqu’un qui n’était plus moi !!!

Ce constat ainsi fait, je me mets maintenant à observer mes enfants. Surtout le plus jeune qui est encore petit (6 ans) et qui ne se pose pas de question, est profondément lui-même, s’amuse, rit, crie aussi. Malheureusement je le vois déjà atteint par ce qui nous touche tous, le poids de l’éducation, la recherche de sa place dans le monde… et je sais que j’ai ma part de responsabilités dans tout cela. Quand j’observe mon pré-ado de 11 ans, je me dis que je n’ai pas su agir à temps et en même temps, comment aurais-je pu faire vu que toutes ces questions sont venues à moi il n’y a pas si longtemps que ça ?!

J’avoue aussi me sentir impuissante, ne pas savoir ni avoir su comment faire autrement. Mon deuxième, je le vois encore être lui-même et en même temps, j’ai peur que cela ne soit trop tard. Pour être aimé, il tente parfois de crier plus fort que les autres, essaye de passer en force… En gros, je fais le constat que personne n’est épargné. Pour être aimé, puisque notre monde est fait de gens avec des masques, nous en prenons un nous-mêmes lorsque nous sommes enfant et ce bien avant 6 ans !

 

amour de soi, innocence

 

En ce qui me concerne, j’ai la sensation de renouer petit à petit contact avec celle que j’étais enfant. Beaucoup de personnes me le disent d’ailleurs, que je semble plus gaie, plus joyeuse qu’avant. Mes parents me le disent mais la personne qui m’a le plus touchée c’est ma cousine que je n’avais pas vue depuis 8 ans et qui m’a dit il y a quelques jours qu’elle avait l’impression de me retrouver comme quand nous étions enfant. Je me suis dit à ce moment que je devais être sur la bonne voie… 😉

S’accepter tel que nous sommes, imparfaits…

 

En 2015, je m’autorise à croire en mes rêves et je tente de les accomplir. Mais je sais que j’ai encore mon masque, comme nous tous. Cela sera probablement un travail de toute une vie pour laisser émerger mon « vrai moi ». Mais j’entreprends chaque jour un peu plus de m’aimer indépendamment du regard des autres. Puisque j’ai compris une chose c’est que pour être aimé des autres, il faut d’abord s’aimer soi-même…

Si vous avez déjà lus deux de mes articles précédents sur la loi d’attraction, je dirais que la problématique est la même. Si nous attirons en effet à nous ce que nous vibrons au fond de nous-mêmes, si nous vibrons profondément la paix, la joie et l’amour de nous-même, nous nous attirerons en conséquence la paix, la joie et l’amour de soi reflété dans les autres.

Si nous ne nous aimons pas, comment pouvons-nous être aimés par les autres ? Tous les masques du monde ne suffisent pas à attirer le respect réel des autres. Nous obtenons seulement un respect factice, illusoire mais qui ne nous satisfait pas car ce n’est pas notre vrai nous au fond qui est aimé, accepté mais notre masque et quelque part, nous savons très bien que ce n’est pas notre vrai nous… Nous tournons alors en rond car nous ne sommes pas dans la bonne quête. Nous déployons des efforts énormes pour que notre masque soit aimé, oubliant notre vrai nous, l’enfouissant le plus profondément possible de peur de nous montrer réellement tellement que nous sommes, de peur d’être rejetés. C’est d’ailleurs là le seul intérêt du masque que nous nous sommes construits. Notre vrai nous tout petit enfant s’est trouvé pris dans des situations désagréables et en a déduit qu’il fallait faire certaines choses pour être accepté et surtout qu’être soi-même n’était pas acceptable. Petit à petit nous avons mis de côté ce vrai nous que nous avons interprété comme « pas aimable ». Et le pire, c’est que nous sommes persuadés que la personnalité que nous avons aujourd’hui est vraiment « nous ». Je vous rassure, en partie oui, heureusement. 😉

 

amour de soi, respect, liberté d'être soi

 

Mais le jour où nous oserons briser les propres chaînes que nous nous sommes mises nous-mêmes, que nous assumerons au grand jour qui nous sommes vraiment, avec nos qualités mais aussi avec nos défauts qui font partie de nous, nous découvrirons que s’aimer soi-même est la clé pour être heureux. Cela ne nous empêchera pas de vivre encore des situations désagréables mais nous serons à même de les traverser sereinement, fort de cette estime de soi retrouvée, tel un navire sortant d’une tempête, inébranlé.

Etes-vous prêt(e)s ? Bas les masques !! :p

Nadège

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