bonheur

 

Je ne sais pas vous mais moi en ce moment j’ai envie de ralentir le rythme, limite de me caler dans mon canapé avec un bon livre ou de regarder un bon film. Je ne pensais pas être autant réceptive aux changements de saison. L’énergie de l’automne est bien là. C’est une énergie qui nous invite à faire le bilan de l’année écoulée et même du passé en général. Revenir un peu à l’intérieur de soi, un temps d’introspection en quelques sortes pour mieux repartir ensuite. Se poser les bonnes questions : qu’est-ce que j’ai accompli ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant ?

Et là moi maintenant j’ai envie d’arrêter d’être dans le « faire » pour m’occuper un peu de moi et de ma famille. Cela n’implique pas du tout d’arrêter de travailler ou autre mais d’arrêter momentanément de vouloir continuer à tout prix de mettre en place de nouvelles choses. Les projets ne vont pas s’envoler, juste attendre quelques mois et pourquoi pas fleurir au printemps ?! 😉 Et pour l’heure, profiter de ce que j’ai mis en place ces derniers mois et de me concentrer uniquement sur cela. Arrêter de vouloir « faire », de se disperser, pour « être » et consolider ce qui est déjà mis en place. Et surtout, surtout, pour « être » présente à ma famille.

Cette année 2015 a en effet été très active pour moi. J’ai commencé l’année avec l’idée d’investir sur moi professionnellement. Je me suis donc inscrite à des formations supplémentaires qui me tentaient et notamment une formation en ligne qui nous accompagne pour oser nous lancer en tant que thérapeute. Cette formation aura été un catalyseur pour moi. Je me suis créé un nouveau site internet qui regroupe toutes mes activités, qui me ressemble plus. Je me suis créé un blog (celui-ci 🙂 ) pour partager ce qui m’anime au fond de moi. Ca c’est une chose qui me tenait à cœur depuis longtemps mais je n’osais pas. Et j’ai surtout travaillé sur moi d’une manière incroyable.

Une des conditions pour avancer selon cette formation en ligne, c’est de transmuter nos croyances limitantes, celles-là même qui vous empêchent d’avancer… vous savez ce sont les croyances (parfois inconscientes) du style « on a rien sans rien. » « les riches sont malhonnêtes » « on doit gagner son pain à la sueur de son front » ou encore « je ne mérite pas ceci ou cela. » etc. Elles peuvent être de tout type. Pour ma part, il était beaucoup question de légitimité, de visibilité ou encore de culpabilité. Mais surtout, surtout, je ne me sentais pas à ma place dans le monde. C’est une sensation qui m’a bien pourri ma vie. Hormis quand j’étais toute petite où j’étais la joie de vivre incarnée, jouant, riant, chantant.

 

croyance limitante

Rapidement j’ai eu la sensation d’être en trop, qu’on me « tolérait » en ce monde. Mais qu’est-ce que j’avais bien pu faire d’aussi mal pour ressentir cela ? Je ne le savais pas. Cependant, je faisais tout en contrepartie pour qu’on me « tolère » justement. J’étais sage, très sage. Trop sage.

On m’a même traitée au collège de « petite fille modèle ». Je m’en souviens bien tiens de cette fois-là. J’étais en 5ème et des garçons avaient eu la bonne idée de remplacer la cassette du film que la prof d’Histoire-Géo avait mis par un film érotique au moment où elle était sortie quelques instants ! Et bien sûr cela s’est su ! Et qui a-t-on accusé d’avoir vendu la mèche ? C’est bibi ! Ben oui hein, c’est forcément la petite fille sage. Sage veut peut-être dire coincée ??? Bref ! Je n’avais même pas eu droit à la question « est-ce toi ? » Non j’avais eu droit directement à un « pourquoi tu as fait ça ? » pfffff. Il m’aura fallu un certain nombre de minutes à leur jurer que ce n’était pas moi pour qu’on me fiche la paix. Et  bien sûr qui était-ce ? Une des filles cool, populaire de la classe mais dont les parents n’étaient pas cool du tout et qui leur avait raconté.

Moi en effet j’en avais parlé à mes parents mais mes parents eux étaient super cool. Ca les a fait rire ! Des conneries de gamin !

Oui voilà, j’étais donc une fille qui faisait rarement des bêtises. Je ne voulais pas me faire remarquer et pas faire de vague. Je ne me sentais pas à ma place dans le monde. Je pensais donc que je n’avais pas droit à l’erreur !!! Je faisais donc tout parfaitement, du moins j’essayais ! Le regard de l’autre était ma bête noire et tout dans ma vie était mesuré, jaugé en fonction de ce possible regard. Si le perfectionnisme est une qualité, cela peut aussi être un défaut. Je les avais tous les deux ! Et petit à petit, ne me sentant pas légitime non plus, je me suis débrouillée inconsciemment pour être rejetée. Paradoxalement, si le regard de l’autre était si important pour moi, il m’était impossible de trahir ma vraie nature. Je me débrouillais donc pour ne rien faire qui puisse déplaire mais je n’arrivais pas non plus à faire comme les autres pour « plaire ».

Petit à petit donc j’ai perdu ma confiance en moi. Ma mère qui m’avait connue riant, chantant, prenant tout en main ne me reconnaissait plus en grandissant. Je le dis aujourd’hui, je me suis perdue tout doucement, mourant à petit feu de l’intérieur, perdant ma joie de vivre.

J’ai heureusement eu un avenir amoureux radieux, avec un mari aimant et des enfants merveilleux. Mais je n’étais pas complètement heureuse. Tout simplement parce que je n’étais pas complètement moi non plus.

 

amour

 

Ces derniers mois, je peux dire que je me suis retrouvée. Cela a d’abord commencé par le désir subit de me former au yoga du rire. Aider les autres à retrouver la joie de vivre est un plaisir mais j’avoue que cette activité m’aide moi aussi à me reconnecter à ma véritable nature joyeuse.

Mais ce qui m’a le plus aidée a été d’être suivie par une sophro-analyste. Cette thérapie brève m’a permis de retourner à l’origine des croyances limitantes qui me retenaient. Vous connaissez sûrement cette sensation d’avoir un boulet attaché au pied qui vous retient en arrière ou l’impression de recommencer encore et encore les mêmes situations qui confirment que vous êtes nul (ou choisissez tout autre qualificatif négatif que vous voulez…), que vous ne méritez pas ceci ou cela ou alors vous pensez que vous n’y arriverez pas… ces sensations que la vie est dure, qu’elle ne vous gâte pas, qu’elle est injuste, etc. Toutes ces fameuses croyances limitantes dont je vous parlais au début et qui sont la cause de tout ce que vous vivez ! Vous finissez même par vous demander à quoi cela rime tout cela !

Alors il y a deux types de personnes.

Il y a ceux qui sont très cartésiens et qui ne croient qu’au monde qu’ils voient avec leurs yeux. Cela limite énormément les possibilités. Ces personnes se retrouvent donc lorsque cela ne va pas à être souvent en combat avec eux-mêmes et les autres… avec la vie.

Et puis il y a les gens qui croient en une certaine spiritualité, qui croient en quelque chose de plus grand qui nous porte, peu importe le nom qu’on lui donnera. Pour ma part ce en quoi je crois ne fait pas partie d’une religion. Je crois en La Vie tout simplement. Cette vie que nous sommes et dont nous sommes issus. Je crois donc en l’espoir, en l’amour et en la joie…

Cette sophro-analyse donc m’a permis de percevoir ce qui était la cause de mon sentiment de mal être et d’y mettre un autre regard, d’y mettre de la tendresse, de l’amour et du pardon. A chaque séance, je repars allégée. Et aujourd’hui je peux vous dire que j’ai retrouvé en grande partie ma joie de vivre. Je peux vous dire que je me sens à ma place dans le monde. Que je me sens légitime d’être là, compétente et que je ne me sens plus coupable. Bon il y a encore un peu de chemin à parcourir mais purée quel bonheur de se sentir à sa place et de se donner la liberté d’être Soi !

 

lâcher prise

Une autre chose que j’expérimente ces derniers temps c’est le lâcher prise. Oui cette notion que nous voyons souvent mais que nous ne comprenons pas forcément. Tant que nous ne l’avons pas intégré avec nos tripes, que nous nous n’avons pas expérimenté ce lâcher prise… donc en gros tant que nous n’arrivons pas à ne pas tout contrôler, les événements, les autres… nous sommes crispés et notre vie l’est aussi.

Je peux vous dire une chose que dans le genre personne dans le contrôle, j’étais vraiment pas mal. Je ne le mesure que depuis peu. Mon mental était tout le temps en train de jauger, juger sans forcément faire de jugement de valeur sur les autres par contre mais sur ce qu’il convenait de faire, ce que je devais faire ou pas. Les « il faut, je dois… » que nous connaissons tous. Etre focalisé sur ce que les autres vont penser de nous… Vous pouvez être sûr que quand vous vous dites cela, c’est votre mental qui est à l’œuvre. Mais ta « g… » bouche. Tais-toi ! Arrête de parler dans ma tête c’est infernal ! Non mais plus sérieusement, moi aussi qui pourtant est très attirée par la spiritualité, j’étais quelqu’un de très « contrôlant » et « contrôlée » par mon mental. En occident c’est ce qu’on nous apprend. Déjà tout petit il faut être performant, bien travailler à l’école, être sage… On nous apprend à être dans nos têtes ! Les métiers manuels n’ont pas la côte. Pas étonnant que le stress gagne du terrain. Car dans nos têtes, cela ne s’arrête jamais de piailler. Nous assistons à de plus en plus de Burn out quand le cerveau disjoncte. Rationnel, il faut être rationnel !! pffff Oui je suis sarcastique et pourtant j’ai un bac+5 en chimie et un bac+6 en marketing. Mais là je dis « STOP » !

lâcher prise

 

Et bien non. Le rationnel ça m’agace prodigieusement. Plus le temps passe et plus je crois en la magie de la vie. Sans perdre mon discernement je remets de mon regard d’enfant sur tout un tas de situations que je vis. Et surtout je lâche prise sur les événements. Je comprends que je ne peux pas combattre la vie et les situations. Alors à quoi ça sert de se prendre la tête. Soit je combats ce qui est et je souffre mentalement en ruminant, soit j’accueille et accepte ce qui est. Cela ne change pas la situation. Cela change juste la façon dont je la vis. Soit je me torture en me faisant des nœuds au cerveau, soit je surfe sur la vague le temps que la situation s’améliore. Et même parfois des solutions apparaissent que je n’aurais pas vues trop occupée à ruminer.

Bon cela ne marche pas à tous les coups mais je constate que c’est le cas de plus en plus. Comme s’il se déroulait un détachement, que je regardais la situation avec d’autres yeux, plus bienveillants. Cette arrière-plan que je nomme La Vie que nous sommes vraiment. Quand nous nous mettons à regarder la vie avec ces yeux là plutôt qu’avec les yeux de l’égo, tout est plus simple. La joie peut alors revenir dans notre vie.

C’est ce que je vis actuellement. Même si ce n’est pas ok tous les jours, c’est ce qui tend à se produire de plus en plus. Pour ma plus grande joie…

Nadège

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