Voici le conte du mois de mars 2018. 🙂 Une histoire que j’ai eu du mal à cerner au début et puis, plus je la lis et plus je la trouve touchante et remplie d’enseignements précieux. C’est l’histoire d’un petit garçon qui croit que ses parents ne l’aiment pas. Mais au final est-ce vrai ?

Je vous laisse le découvrir en espérant que cette histoire vienne toucher l’enfant en vous, celui-là même qui peut-être s’est senti mal aimé ou délaissé à un moment donné de son enfance. Puisse-t-il trouver un peu de paix et d’apaisement en lisant ces mots. 😉

Belle lecture. 🙂

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 » Il était une fois un petit garçon qui jouait au bord d’un étang. Il n’était pas très grand mais il savait déjà bien se débrouiller tout seul. Sa maman et son papa étaient au travail et lui s’amusait tout seul en regardant les poissons nager dans l’étang, en lançant des cailloux faisant des ricochets dans l’eau et en rêvassant parfois simplement assis au bord de l’eau. Il aimait beaucoup cet endroit qui le nourrissait tant. Oui chaque jour après l’école ou chaque jour de vacances, il venait là, car c’était le seul endroit où il pouvait sortir de son quotidien qui ne lui plaisait pas tant que ça. Il avait parfois l’impression que son papa et sa maman ne l’aimaient pas. Ils ne s’occupaient pas beaucoup de lui et seul un bisou de chacun d’entre eux venait nourrir ses besoins affectifs au moment du coucher.

Il aurait parfois aimé avoir d’autres parents. Des parents qui l’auraient câliné, qui auraient joué avec lui… Mais au lieu de cela, ses parents étaient tout le temps fatigués, tout le temps tristes et ils ne se préoccupaient pas beaucoup de ce qu’il ressentait. Aussi, du haut de ses 8 ans était-il un petit garçon incroyablement mûr. Il faisait en sorte de soulager le quotidien de ses parents. Il aidait au ménage, il allait faire quelques courses, il faisait parfois à manger quand sa maman n’était pas encore rentrée. Oui c’était un petit garçon plein de ressources et très serviable et en même temps plein de malices. Quel dommage que ses parents n’aient pas reconnu toutes ses qualités. Alors devant son étang il rêvait. Il rêvait qu’un jour quelqu’un l’emmène pour vivre dans un royaume où la paix et la joie règnerait en maître. Un royaume où ses parents souriraient et seraient joyeux.

C’est alors qu’un jour, une petite luciole se posa sur sa main alors qu’il allait ramasser un caillou à lancer dans l’eau.

« Ne la touche pas s’il te plait, lui dit-elle. »

Le petit garçon s’arrêta net. Qui avait parlé ? Il regarda autour de lui mais ne vit personne. Il allait prendre le caillou quand il vit cette étrange lueur illuminer sa main.

Il écarquilla les yeux puis dit :

« Je dois rêver ! Ce n’est pas possible. »

La petite luciole lui répondit : « Non tu ne rêves pas. C’est bien moi qui t’ait parlé ! »

« Mais ce n’est pas possible, les lucioles ça ne parle pas ! » répliqua-t-il.

« Qui t’a dit ça ? » lui répondit-elle d’un ton sec. « Ce n’est pas parce que nous ne disons rien que nous ne parlons pas. Quel serait notre intérêt d’ailleurs de nous adresser aux humains. Ils font tant d’horreur autour d’eux. Nous préférons les éviter et ne rien avoir à faire avec eux. »

« Alors pourquoi me parles-tu à moi, je suis bien un humain aussi ! »

« Oui c’est vrai, mais cela fait des années que je t’observe et je me suis rendu compte que tu étais un petit garçon pacifique et qui méritait qu’on l’aide. »

« Qu’on m’aide à quoi ? Je n’ai pas besoin d’aide enfin. Je viens ici pour m’amuser et j’y arrive très bien. »

« Ah oui ? Mais pourquoi ne joues-tu jamais avec d’autres enfants ? Pourquoi es-tu toujours seul, comme si tu n’avais aucun ami, aucune famille ? »

« Bien sûr que si j’ai une famille… Mais… ils ne s’occupent pas de moi. C’est presque comme si je n’existais pas. Je dois dire que je me demande parfois s’ils ne m’ont pas eu par erreur. J’aimerais tant que mes parents m’aiment… » dit-il tristement.

« Mais enfin, tes parents t’aiment j’en suis convaincue. Quel parent n’aimerait pas ses enfants ? »

« Tu as dit toi-même tout à l’heure que tu ne t’adressais jamais aux humains parce qu’ils sont responsables de plein d’horreurs. Et bien en voilà un exemple ! »

« Ecoute, je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de t’aider en m’adressant à toi mais je m’engage à te faire changer d’idée sur tes parents. »

« Et pourquoi ferais-tu cela ? »

« Parce que je t’aime bien. Tu es toujours délicat avec les êtres vivants qui habitent près de l’étang. Tu n’écrases jamais une fourmi et malgré le fait que tu envoies des cailloux dans l’eau qui pourraient assommer des poissons, tu m’as l’air bien inoffensif. »

« C’est vrai que je pourrais assommer des poissons, je n’y avais pas pensé… » dit-il pensif.

« Oh mais ne t’inquiète pas, ils les voient arriver. Ils savent quand tu es là, alors quand tu commences à tirer dans l’eau, ils s’éloignent. Mais ce n’est pas le sujet. Acceptes-tu mon aide ? »

« Oui. J’aimerais tellement que tu aies raison. »

« Alors reste près de moi ce soir. Tu ne crains rien. Il fait chaud en ce moment et tu ne manqueras pas d’éclairage si je suis près de toi. » dit-elle sur un ton un peu moqueur.

Cela fit sourire le petit garçon.

« Mais, mais si je ne rentre pas ce soir, que vont dire mes parents. Ils vont peut-être s’inquiéter ! »

« Crois-tu ? Si tu crois vraiment qu’ils ne t’aiment pas, ils ne remarqueront même pas ton absence. Si j’ai raison… tu auras une belle surprise demain. »

« D’accord, j’avoue y avoir pensé quelques fois. De ne pas rentrer et de rester ici pour toujours. J’aime tellement cet endroit… »

« Oh mais je n’ai pas dit pour toujours, seulement cette nuit. »

« J’ai bien compris. » répondit-il.

Ils discutèrent encore un moment avant que la nuit ne tombe et en effet, la petite luciole éclairait le petit coin qu’il s’était trouvé pour passer la nuit.

Voyant qu’il était épuisé, la petite luciole lui demanda :

« Que fais ta maman le soir avant que tu t’endormes ? »

« Elle me fait un bisou sur le front, ainsi que mon papa et ils sortent de ma chambre. »

Alors, la petite luciole s’approcha de son front et fit comme si elle lui faisait un bisou, elle frotta ses petites ailes sur lui et ça eut un effet apaisant instantané. Il s’endormit paisiblement et la petite luciole le veilla toute la nuit.

Au petit matin, quand il se réveilla, la petite luciole avait disparu. Avait-il rêvé ? S’était-il endormi ? Il décida de rentrer chez lui tranquillement. Aujourd’hui s’il se souvenait bien, c’était le jour de la grande foire de son village et c’était une animation qu’il aimait beaucoup. Il courut chez lui pour pouvoir se changer et ce qu’il vit le déconcerta. Son papa et sa maman étaient effondrés. Ils se jetèrent sur lui quand il entra dans la maison et ils pleurèrent de joie.

« Nous avons cru t’avoir perdu, qu’on t’avait enlevé ou pire encore. Où étais-tu passé ? »

« Je me suis endormi au bord de l’étang mais que vous arrive-t-il ? Jamais vous ne m’avez pris dans vos bras comme cela. Cela m’a tellement manqué ! Pourquoi ne le faites-vous jamais ? Je suis un enfant j’ai besoin de votre affection, j’ai besoin de votre amour… » dit-il en sanglotant à son tour.

« Mais, mais… c’est toi qui ne voulait pas qu’on te prenne dans nos bras quand tu étais tout petit ! Tu étais un bébé très sauvage et tu ne supportais pas qu’on te porte. Cela nous a surpris au premier abord car un bébé a besoin de contact pour bien se développer mais nous avons dû nous rendre à l’évidence la mort dans l’âme que te forcer n’était pas la solution. Tant que tu n’étais pas posé dans ton transat, tu pleurais. Alors nous avons pris l’habitude de te laisser tranquille. Tu étais un bébé si souriant, si heureux de nous observer nous affairer dans la maison. C’est-ce qui t’as fait croire que nous te t’aimions pas ? »

« Oui… je ne savais pas tout cela. Je ne me souviens de rien. Mais tout ce que je sais c’est que vos câlins me manquent. »

« Alors mon chéri nous t’en ferons plein à partir de maintenant. Nous t’aimons tant. Comment as-tu pu en douter ? »

« Ben, vous ne jouez presque jamais avec moi et vous ne vous occupez pas de moi. »

« Mais bien sûr que si mon chéri. Tout ceci est un jeu, quand tu nous aides, quand tu fais le repas, quand tu ranges… c’est toi qui voulait le faire quand tu étais tout petit. Nous t’avons toujours laissé faire, tu trouvais cela tellement amusant… tu rigolais à me suivre partout. Tu voulais que je te donne les assiettes, les poser sur la table. Tu voulais passer le balai et aller faire les courses avec ton papa. Si on ne t’écoutait pas tu piquais une crise alors que si nous te laissions faire tu riais comme un fou ! J’avoue ne plus comprendre mon chéri. Depuis quand crois-tu cela ? »

« Je ne sais pas… C’est en discutant avec ma copine Lucie. Elle m’a dit que les enfants ne faisaient jamais cela, que ce n’était pas normal et que vous ne deviez pas beaucoup m’aimer pour me faire faire tout ça ! »

Son papa qui n’avait encore rien dit prit la parole :

« Ecoute mon chéri, voilà un bel exemple du fait qu’il ne faut jamais écouter ce que disent les autres. Ou tout du moins passer leurs paroles au filtre de notre propre ressenti. Est-ce que cela te semble juste ou non pour toi est une question importante à te poser. Tu vois, nous avons au contraire été très à l’écoute de notre petit garçon peu commun. Est-ce que ça a été juste pour nous ? Oui car c’était ce qui nous permettait à tous d’avoir une vie harmonieuse. Il t’aurait simplement fallu nous le dire. Il y a bien longtemps que nous aurions pu nous expliquer. Tu sais, ça nous a manqué à nous aussi les câlins… »

Le petit garçon comprenait une chose, c’est que ses parents n’avaient jamais cessé de l’aimer et qu’en fait, ils l’avaient mieux aimé que quiconque n’aurait pu le faire. Ils avaient su l’écouter, le respecter et faire en sorte de rendre sa vie joyeuse même s’il s’était mis à croire le contraire. Il se rendait compte qu’il s’était laissé influencé par son amie qui n’avait vu qu’une partie de son quotidien et surtout qui ne connaissait rien de lui finalement. Ses parents n’avaient fait que ce qui leur avait semblé être la meilleure solution pour que leur petit garçon soit heureux… Il était content que cela soit enfin terminé. Il avait même oublié la petite luciole. Il ne retourna pas tout de suite près de l’étang car il avait enfin compris que le plus important était de rester auprès de ceux qu’il aime et surtout de leur exprimer ses sentiments. Il n’avait plus aucun secret pour ses parents… enfin presque et il prenait à nouveau un grand plaisir à les aider dans la maison car c’était un moyen comme un autre de passer du temps ensemble et de partager un instant heureux.

« Siffler en travaillant disait Blanche-Neige ? » pensa-t-il en souriant. Oui c’est exactement ça qu’il se disait.

Il prenait un grand plaisir à préparer le repas avec sa maman et à aller faire les courses avec son papa. Quand il fut un homme, il en garda un très bon souvenir. Il se dit qu’il avait eu une grande chance de pouvoir partager autant de complicité avec ses parents et c’est avec joie qu’il devint papa à son tour et qu’il transmit la plus belle des leçons à ses enfants… aimer, c’est aussi laisser l’autre libre d’être qui il est…  »

Nadège – La Fée Raconte

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